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En août 2020, le Conseil supérieur pour un développement durable (CSDD) a publié une étude détaillée sur l’empreinte écologique du Luxembourg. Dans ce cadre, les chiffres les plus récents pour le Grand-Duché datant de 2018 ont été compilés et contrôlés principalement sur la base des données du STATEC disponibles. Ce travail a été effectué par l’Institut fir biologësch Landwirtschaft an Agrarkultur Luxemburg (IBLA) à la demande du CSDD, dans le cadre d’une collaboration scientifique avec le Global Footprint Network (GFN).

Suite aux calculs de l’empreinte écologique du Luxembourg en 2010 et 2013, cette dernière étude indique que les niveaux de consommation et d’émissions de CO2 de la population résidente restent très élevés, auxquels s’ajoutent encore la consommation des travailleurs frontaliers tout comme les émissions liées au « tourisme à la pompe ». Si l’humanité entière consommait comme le Luxembourg, il leur faudrait 7,77 planètes (chiffres 2018). 

 

Nos ressources :

La biocapacité est l’abréviation de « capacité biologique », qui est la capacité d’un écosystème à produire des ressources biologiques utiles et à absorber les déchets générés par l’activité humaine.

Afin de pouvoir comparer l’empreinte écologique de différents pays ou territoires, les valeurs sont indiquées en « hectares globaux » (hag) par personne et par an. L’hectare global correspond à un hectare offrant la productivité biologique moyenne au niveau mondial.

En 2018, la biocapacité totale du territoire luxembourgeois s’élève à environ 800.000 hag, ce qui correspond à une réduction de dix pour cent en dix ans.

 

Ce que nous consommons :

L’empreinte écologique est un outil qui permet de tenir une sorte de comptabilité des ressources naturelles selon une approche globale. Elle intègre la plupart des pressions qui pèsent sur la capacité de la biomasse terrestre à se régénérer. Plus précisément, l’empreinte écologique mesure l’exploitation de six catégories de surfaces productives : les terres arables, les prairies, les zones de pêche, les terrains construits, les forêts et la capture de carbone.

Selon l’étude de l’IBLA, si tous les habitants de la Terre vivaient comme les Luxembourgeois, ils consommeraient 7,77 planètes (chiffres de 2018), contre 1,69 planète en moyenne mondiale. Cela correspond à 7,6 millions de hag pour le Luxembourg, soit 12,7 hag par habitant. Il convient de noter qu’en comparant les résultats des études de 2010, 2013 et 2020, l’empreinte par habitant montre une tendance à la baisse tandis qu’en termes absolus, l’empreinte écologique du Luxembourg continue à augmenter.

 

Empreinte totale vs. empreinte des résidents :

Les résultats de l’étude révèlent quelques particularités propres au Luxembourg. Par exemple :

  • Le calcul de l’empreinte écologique par habitant est problématique pour le Luxembourg, car elle ne reflète pas le nombre relativement élevé de travailleurs transfrontaliers dont la consommation dans le pays se répercute sur l’empreinte, ce qui vaut également pour les effets du « tourisme à la pompe ». 
  • La méthodologie appliquée par le GFN attribue au Luxembourg la consommation d’énergie de certaines industries à grande consommation énergétique tout comme du secteur des services, malgré le fait qu’une partie non négligeable des produits et services sont exportés.
  • La consommation énergétique du secteur logistique du pays (poids lourds, aviation, ...) est imputée intégralement aux résidents du Luxembourg.

 

Tout comme les précédentes études (2010 et 2013), l’objectif de l’étude de 2020 a aussi été de discerner la part des frontaliers de celle des résidents et de tenir compte de l’importance des exportations des ventes de carburants (tourisme à la pompe et vente aux transports en transit). Cette lecture différenciée de l’indicateur « empreinte écologique » permet de tenir compte dans une certaine mesure des particularités du Luxembourg, sans pour autant distordre le résultat pour le rendre plus positif. La consommation des seuls résidents luxembourgeois reviendrait alors à 6 planètes, ce qui reste indiscutablement trop importante, notamment en comparaison avec nos pays voisins avec 4,5 à 5 planètes.

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